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Voyager responsable en route vers un tourisme éco responsable et durable

Depuis quelques années, je me pose beaucoup de questions à propos de la direction que prend notre société. Toujours plus de consommation, de moins en moins d’échange et de partage. On achète et on jette sans la moindre réflexion, on prend tout, tout de suite sans penser aux conséquences pour demain. Une société du présent qui ne construit pas le futur, mais qui cherche uniquement le profit maximum.

 
profiter de la nature
 

Malheureusement ce constat se vérifie dans tous les domaines. Le voyage est lui aussi un business, qui connaît d’ailleurs un essors très important depuis une vingtaine d’année avec l’émergence du « low coast » dans les transports aériens. De plus en plus de monde voyage, de plus en plus de touristes consomment de façon catastrophique pour la planète et les écosystèmes. Voyager responsable devient une urgence si nous ne voulons pas voir disparaitre des lieux magnifiques à cause de ce tourisme de masse irréfléchi.

 

Je suis loin d’être un parfait voyageur et certaines de mes pratiques en tant que touriste ne sont pas suffisamment réfléchies, pas suffisamment responsables. J’ai conscience de cet état de fait et j’essaie à mon niveau de m’améliorer et de tendre vers des voyages plus responsables. Je me mets progressivement en route vers un tourisme alternatif plus écologique, plus responsable et durable !

 
Voyager responsable culture locale
 

Tout ça c’est bien beau, mais ce ne sont que des mots et de belles idées, mais concrètement comment faire ? Par où commencer ?

 
 

Que veut dire voyager responsable ?

 

Je pense que dans un premier temps, il peut être judicieux de donner simplement une définition au voyage responsable. Pour beaucoup d’entre nous cette notion reste un peu abstraite. Finalement, il n’y a pas réellement de cadres et de règles institutionnelles régissant ce concept.

 

Définition du voyage responsable (ou voyage durable) :

 

Le tourisme responsable est un tourisme qui participe au développement des populations et des territoires de la terre tout en contribuant aux enjeux du XXIe siècle.
 
– Lutte contre le réchauffement et les changements climatiques
– Protection de l’environnement, de la biodiversité et des milieux fragiles
– Lutte contre les atteintes aux droits de l’homme
 
En quelque sorte, c’est appliquer les principes du développement durable à l’économie du tourisme.

Le tourisme responsable vise à préserver à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales.

 

Le tourisme responsable doit :
 
– Minimiser les effets négatifs au niveau économique, social et environnemental
– Générer des retombées économiques pour les populations locales et améliorer leur condition de vie
– Impliquer les populations locales dans les décisions qui les concernent
– Permettre aux touristes de mieux comprendre les cultures locales en offrant des expériences uniques en relation direct avec les populations locales
– Permettre l’accès aux personnes en situation de handicap

 
tradition
 
 

Pourquoi se mettre en route vers un tourisme plus responsable ?

 

Ces 20 dernières années le tourisme mondial à explosé voyant quasiment le nombre de touristes voyageants dans le monde doubler. Près de 1,2 milliard de touristes en 2016 et 1,5 milliard de touristes prévus en 2020 par l’organisation mondiale du tourisme (OMT). Qui dit plus de touristes, dit aussi plus de conséquences sur l’environnement et les cultures locales. Les répercutions pourraient être catastrophiques pour l’avenir de la planète si nous ne faisons rien.

 
 

Quelles sont les répercussions du tourisme de masse ?

 

La pollution :

 

Le tourisme pollue à deux niveaux. La production de déchets dans certaines zones du monde, qui en plus n’ont pas la plupart du temps les infrastructures pour gérer cet accroissement exponentiel. Et la consommation d’énergies non renouvelables polluantes, comme le pétrole utilisé par les avions emmenant les touristes.

 
pollution
 
 

La sur consommation des ressources naturelles :

 

L’eau douce est sans doute l’exemple le plus flagrant. Dans certains pays « touristiques » les habitants n’ont même pas forcément de l’eau douce pour se laver, alors que les hôtels proposent à leurs clients des baignoires immenses. Cela concerne aussi les carburants fossiles, les forêts, etc.

 
boire
 
 

La mise en péril de la biodiversité :

 

Certaines zones, très riches au niveau de leur biodiversité sont déjà menacées et dégradées par le tourisme de masse. Il y a beaucoup d’exemples : la barrière de corail Australienne, la forêt amazonienne, les forêts malaisienne, etc.

 
mort barrière de corail
 
 

La dégradation de la culture et de la vie sociale locale :

 

Le touriste apporte avec lui un certain nombre d’attentes et de besoins, pour y répondre, la culture locale est parfois mise à mal. Folklorisation, mimétisme, consumérisme, marchandisation, tout cela dénature l’authenticité de certains peuples. Les locaux s’adaptent à cette nouvelle demande et progressivement perdent leur culture pour s’occidentaliser. Il veulent être plus riches et faire comme les touristes qu’ils voient quotidiennement. Cela à des conséquences désastreuses qui peuvent conduire à des dérives comme le travail des enfants ou le tourisme sexuel. Sans parler des touristes qui ne respectent rien et ne s’intéressent pas une seconde aux us et coutumes, à la religion et à la culture locale.

 
authenticité
 
 

En bref :

 

Vous l’aurez compris, l’impact du tourisme de masse, qui en plus aujourd’hui se développe de manière totalement anarchique, sans aucun cadre ni aucunes règles, est désastreux pour l’environnement, les peuples et leur culture. Il me semble évident que si nous ne faisons rien tout de suite, demain nos enfants et nos petits enfants, n’auront pas la chance de découvrir la richesse et la diversité de la terre que nous connaissons aujourd’hui. En quelque sorte, nous sommes tous responsables de l’avenir que nous léguerons à notre descendance. Voyager responsable doit être au coeur de nos priorités en tant que touristes. Et s’il est difficile de changer nos habitudes du jour au lendemain, il est possible, pas à pas, de prendre un virage et de tendre vers une vie plus responsable.

 
 

Comment voyager responsable ? 10 commandements :

 

#1 Réduire au maximum ses trajets en avion :

 

Pas si évident que ça lorsque l’on veut voyager loin. Et ce n’est pas à la portée de tout le monde de voyager en utilisant uniquement des énergies propres non polluantes comme le vent ou ses jambes 😉 (une pensée pour Mike Horn).

 

Toutefois il est possible de « maximiser » ses déplacements en avion :

– À chaque fois que je prends l’avion je reste un moment dans le pays visité avant de repartir
– Si j’ai une escale obligatoire, je la prends plus longue pour découvrir le pays étape
– Je ne prends pas l’avion si je ne vais pas trop loin (moins de 1000 km par exemple). En essayant de privilégier des transports moins polluants.

 
 

#2 Se déplacer à pied, à ski, à vélo ou en voilier :

 

Il ne reste plus beaucoup d’aventuriers à notre époque. Le modernisme, la technologie, la sédentarisation, internet, bref, le « progrès » en générale, tentent de nous simplifier la vie, de rendre les choses plus faciles. Malheureusement, tout progrès à des conséquences positives et négatives. Le monde perd en humanité et en simplicité. J’admire vraiment des personnalités allant vers plus de simplicité, l’exemple le plus parlant pour moi est Mike Horn qui dans ses expéditions n’utilise aucune assistance. Il se déplace grâce à sa seule force physique aidé parfois des éléments (comme le vent).

 
empreinte carbone
 

Tout ça pour dire, qu’à notre niveau, on peut par exemple voyager plus léger pour être plus libre de nos mouvements. Utiliser notre force physique pour se déplacer. Prendre un vélo, marcher, utiliser un voilier, etc… Ne pas avoir peur de souffrir un peu, sortir de notre zone de confort. Vivre des expériences différentes et surement plus intenses, comme l’a fait par exemple Sébastien Lapierre lors de son expédition solo au Pole Sud. Il ne s’agit pas là de devenir des aventuriers modernes, mais juste de tendre vers des déplacements plus réfléchis.

 
 

#3 Utiliser les transports en commun :

 

Le raisonnement est simple : une personne dans une voiture aura une empreinte carbone 4 fois plus importante que 4 personnes dans la même voiture. L’idée est d’utiliser des transports plus propres et collectifs pour réduire au maximum les effets négatifs du transport par personne.

 
transport en commun
 

Pour vous donner une idée plus précise de l’empreinte carbone que vous avez en fonction du type de transport que vous utilisez vous pouvez lire cet article.

 
 

#4 Ne pas polluer :

 

– Pas de plastique
– Réduire le jetable au maximum
– Recycler – réparer
– Ne pas utiliser de produits toxiques
– Ne rien jeter parterre

 

Mais cela va encore plus loin, je crois qu’il faut adopter un comportement exemplaire. Lorsque je plonge je ramasse systématiquement tout le plastique et le non biodégradable que je trouve. Si vous faites un trek dans la forêt et que vous tombez sur une bouteille plastique : ramassez-la. Etc.

 
pollution marine
 
 

#5 Éviter les lieux de sur consommation touristique :

 

Depuis mon passage par la baie d’Halong et par Koh Phi Phi, j’ai pris conscience que plus un lieu est touristique plus la nature y est dégradée. C’est simplement mathématique. Plus il y a de monde, plus il y a de pollution humaine. Je crois qu’il faut donc éviter certains lieux ou à défaut les visiter à contre courant. C’est à dire, dans des horaires différents ou pendant des périodes creuses (s’il y en a).

 
 

#6 S’intéresser sincèrement et respecter les cultures locales:

 

Pour moi c’est une évidence, mais malheureusement, de ce que j’ai pu voir aux 4 coins du monde, pas pour tout le monde. Apprendre quelques mots, s’intéresser aux us et coutumes, aller à la rencontre des locaux, respecter la vie, les traditions et les règles locales.

 
aller vers les autres
 

Cela procure en plus de nombreux avantages :

 

– Votre expérience sera plus authentique et plus marquante
– Vous découvrirez vraiment le pays visité
– Vous vous enrichirez de vos différences
– Parfois vous nouerez des liens profonds
– Vous participerez à la préservation de la culture locale
– etc

 
aller vers les locaux
 
 

#7 Consommer et acheter local :

 

Voyager responsable (cf la définition du tourisme responsable) c’est entre autre participer au développement des populations locales. Il est donc important au maximum lorsque vous voyagez de participer à l’économie locale. En plus d’aider les habitants à se developper, vous aiderez à rendre le monde plus sûr. Si les locaux gagnent de l’argent avec le tourisme, ils n’auront pas envie de dépouiller la source principale de leur revenu et de la voire par la même se tarir.

 
 

#8 Ne pas donner le moindre centime à un business inhumain :

 

Condamner le travail des enfants ou l’exploitation des personnes « faibles » en général. Ne jamais participer au tourisme sexuel. Sanctionner tout commerce allant contre les valeurs humanistes de base.

 
 

#9 Ne pas donner le moindre centime à un business exploitant des animaux :

 

Naïvement lors de mon premier grand voyage, je suis monté sur le dos d’un éléphant (sans savoir), j’ai pris une photo avec un tigre en cage ou assisté à un spectacle de singes. Plus jamais ça ! Aujourd’hui je sais, je connais la condition de vie répugnante de ses animaux. Un éléphant brisé, un tigre sur exploité, un singe maltraité ! C’est juste horrible et contre mes principes. En ne participant pas à ce business immonde, vous tarirez la manne financière et forcerez les artisans de ce genre de business à se réorienter. Si comme moi, vous êtes sensibles à la cause animal, préférez des sanctuaires où les animaux sont libres et traités avec égards.

 
animaux libres
 
 

#10 Convaincre par l’exemple :

 

Pour voir le tourisme prendre un tournant je crois qu’il n’y a pas de meilleur moyen que de montrer l’exemple. De plus en plus de personnes sont sensibles à l’avenir de la planète et ont envie de vivre et consommer plus responsable. Plus il y aura de personnes qui vont dans ce sens là, plus le reste du monde sera tenter de suivre le même chemin.

 

Montrer l’exemple à ses enfants, à sa famille, à ses amis, à ses voisins, etc, à notre niveau il est possible d’influencer notre entourage qui lui même influencera d’autres personnes. C’est une spirale positive avec un effet en cascade !

 
amour des animaux
 
 

Pour conclure :

 

Vous l’aurez compris voyager responsable est une attitude qui me tient vraiment à coeur. Et si je suis encore loin d’être un exemple, j’apprends de mes erreurs et j’essaie de m’améliorer. La route est longue avant de voyager totalement responsable. Mais je crois sincèrement que c’est un chemin que nous devrions tous emprunter. D’ailleurs, il me semble plutôt que l’on devrait parler de « vivre responsable », car c’est une attitude que l’on peut reproduire et adopter pour tous les pans de notre vie.

 

Et vous qu’en pensez-vous ? Quel voyageur responsable êtes-vous ?

 

C’est un sujet à propos du quel j’aime beaucoup échanger et apprendre. J’espère vraiment susciter des réactions et des retours. Avez-vous des bonnes pratiques à partager ? Des pistes de réflexion pour améliorer les choses ? N’hésitez pas à laisser un commentaire pour en discuter.

 
 

Quelques liens utiles pour aller plus loin sur le tourisme responsable :

 

Sur le blog vous pouvez aussi lire :

 

Voyager responsable c’est aussi dire stop aux crimes contre l’humanité.

 
 

Sur d’autres sites :

 

Un Top 100 des destinations vertes.
Le site de Mike Horn un exemple en la matière.
Le site de Sebastien Lapierre.
Le « Woofing » un voyage alternatif en France et dans le monde.
Trouver une mission dans le volontariat.
Eco-Volontaire un blog voyage qui prône la préservation de la nature.

 
 

Julien passe d'une vie tranquille : métro, boulot, dodo à une vie d'aventures avec sa famille. Il se lance en 2013 dans la réalisation d'un tour du monde et crée le Blog de voyage : www.basketetsacados.com pour partager son périple avec les internautes et sa famille. Après 35 ans d'une vie passé en France, il découvre le monde et ses merveilles et vous invite à travers articles, photos et vidéos à le suivre. pour en savoir plus rendez vous ici...

  • Bonjour,
    Je decouvre votre blog par cet article….et quelle excellente mise en bouche avec ce theme qui m’interesse particulièrement. J’ai depasse le stade de colere naive initial en constatant une telle degradation des cultures locales et un tel effet sur l’ecologie pour mieux reflechir a la facon de faire evoluer les choses… Il y a du travail 😉

    • Merci pour votre témoignage, personnellement je ne suis pas en colère non plus, j’essaie déjà de revoir un peu mon conditionnement et d’évoluer vers une vie plus responsable et réfléchie. Ce n’est pas facile car je pars de loin… Mais c’est un sujet qui m’interpelle vraiment et sur lequel j’ai envie de réfléchir, de sensibiliser et d’évoluer. Oui il y a un gros travail je suis bien d’accord.

  • Ce theme qui m’interesse beaucoup! C’est nécessaire de protéger l’environement dans le secteur touristique

  • Pouvez-vous m’expliquer la troisième photo s.v.p. ? Je comprends bien que ça a un rapport avec la culture du pays, mais j’aimerais bien en connaître davantage. En tout cas, ça a l’air très intéressant !

    • Bonjour Sarah,

      C’est une fête traditionnelle qui a lieu une fois par an sur l’île de Bali en Indonésie. Pendant une journée c’est la fête, toutes les communautés de l’île cherchant à faire le plus de bruit, à faire exploser les plus gros pétards et à avoir la plus belle statue de Ogoh Ogoh. Ces statues représentes tous les vices de l’homme : le sexe, la drogue, la nourriture, l’argent, l’alcool, etc et doivent faire peur. En gros ce sont des représentations des mauvais esprits, le soir les locaux font bruler (la plupart) des statues et le lendemain personne ne doit faire de bruit ni allumer de lumière pour que les mauvais esprits quittent l’île. Dans les faits certaines statues (les plus belles) sont tout de même conservées sur l’île. C’est très impressionnant.

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