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La Gibb River road ou le road trip à faire en 4×4

Gibb river road
 
L’Australie
est l’un des pays les plus riches du monde et aussi l’un des plus vastes. Si ses réseaux routiers autour des grandes villes sont en parfait état, il n’en va pas de même dès que vous vous éloignez et cela devient parfois très chaotique ! Alors prenez garde à être correctement véhiculés pour visiter les superbes réserves naturelles qui parsèment cet immense territoire si vous ne voulez pas vivre la même mésaventure que nous…

 
 

Derby – Kununurra par la Gibb River road.

 
 

pompe
 
Après Broome, où nous avons séjourné une semaine dans un super camping (caravan park), nous décidons de reprendre la route pour rejoindre Darwin (capitale de l’état du nord de l’Australie). Une escale s’impose à Derby, située à 220 km de Broome, pour faire le plein d’essence et se ravitailler en liquide. Il fait vraiment chaud et après les trois heures assoiffantes de route séparant les deux villes nous rêvons d’un soda désaltérant bien frais !

 

Dirt van
 
Halte faite, deux options s’offrent à nous pour rallier Kununurra : la première et la plus classique est d’emprunter la Highway direction kununurra sur 850 km, l’autre de sortir des sentiers battus en parcourant la Gibb River road sur 640 km. Rien que son nom, la Gibb River road, nous inspire : avec un tel nom nous sommes convaincus que cette route nous réservera de belles surprises et c’est peu dire ! Toutefois nous hésitons un peu car sur les plans la route passe en pointillé au bout de 120 km ce qui n’est jamais très bon signe quand vous n’êtes pas équipé d’un 4×4. Nous décidons tout de même de nous lancer en nous disant intérieurement que nous irons doucement et que nous économiserons, sur cette route plus courte, un demi plein d’essence.

 

Nous voilà partis… il est 13h30, nous quittons Derby avec un litre de Fanta orange glacé pour recharger les accus. Après 7 km de route nous prenons donc la bifurcation direction Kununurra par la Gibb River road. Comme un signal d’alerte, pour nous rappeler que cette route peut devenir chaotique un peu plus loin, après 3 km nous apercevons un panneau indiquant qu’elle est praticable et ouverte à tous les véhicules.

 

Le début du voyage se passe bien, la route goudronnée bien que plus étroite que la highway nous permet d’enchainer les 120 premiers km en moins de deux heures, tout en profitant d’un environnement vraiment magnifique : des hordes de perroquets sauvages qui traversent la route, des vaches et des kangourous un peu partout aux abords de la route et une végétation luxuriante. Bref, un début de voyage qui s’annonce sous de bonnes augures !

 

Dirt road gibb river road
 
Après ces deux premières heures de route sans encombres nous débouchons finalement sur la « dirt road ». Pour bien comprendre, pour ceux qui n’ont jamais voyagé en Australie, la dirt road est une route non goudronnée avec une alternance de sable, de gravillons, de pierres et de poudre rouge orange. Le genre de route qui fait beaucoup de poussière et qui détériore une voiture inadaptée en peu de temps. Nous commençons donc à déchanter car de 70 km par heure de moyenne nous passons immédiatement à 35 et encore lorsque la dirt est bonne. Bien sûr nous avions conscience que nous irions tranquillement, mais une fois dessus nous nous demandons quand même si 500 km de dirt va s’avérer jouable ou non… Le paysage vraiment magnifique finit par nous faire oublier le danger.

 

Nous passons quelques cols montagneux et, vers 5 heures et demi, le jour commence décliner avec un soleil qui se couche en offrant un spectacle extraordinaire. Nous avançons tranquillement, alternant routes praticables et routes à vagues. Ces dernières constituent le nec plus ultra dans ce qu’il y a de pire : imaginez une route en terre parsemée de petits sillons et de vaguelettes, comme si un engin de chantier à chenille avait marqué l’endroit de son empreinte, et multipliez par dix l’inconfort de la situation !

 

Vu gibb river road
 
Nous faisons une halte sur le bord de la route pour déjeuner d’un plat de pâtes, nourriture de base de tout bon backpacker qui se respecte. S’arrêter en bord de route poussiéreuse n’est pas vraiment recommandé en cas de passage si vous ne voulez pas finir asphyxié. Mais en près de 6 heures nous n’avons du croiser que deux véhicules et la cadence est carrément tombée à zéro la nuit venue. Lulu étant très fatigué nous décidons de le coucher à l’arrière du van, ce qui est strictement interdit lorsque l’on roule. Cependant le risque de se faire arrêter sur la Gibb River road est quasi nul et en roulant entre 20 et 40 km par heure le risque d’accident est limité. Toutefois nous ne sommes pas à l’abri de percuter une vache insouciante voulant traverser la route au moment où nous y passons.

 

L’idée est de rejoindre Mount Barnett, une « roadhousse » située à mi chemin de Derby et Kununurra, pour y faire le plein d’essence au petit matin. Lulu couché, nous reprenons la route qui n’en finit pas de se dégrader. Pour ne rien gâter, plus nous nous enfonçons sur la dirt road, plus nous croisons des passages de rivières. Après tout nous sommes sur la Gibb River road, donc rien d’étonnant à cela. Vers 23 heures 30 nous atteignons tout juste 300 km parcourus en 10 heures et arrivons enfin à la roadhouse. Nous sommes épuisés et prenons le parti de nous coucher puis de terminer ce périple le lendemain.

 

Lorsque vous dormez dans un camper van, comme nous le faisons depuis déjà plus de 15 jours, vous prenez l’habitude de vous coucher pas trop tard car vous savez que le lendemain matin le soleil se lèvera à 6 heures et qu’inévitablement vous serrez réveillés. Comme à l’habitude, vers 6 heures 10, nous entendons une petite voie nous dire : « il est l’heure, moi j’ai envie de sortir du Van », et comme à l’habitude nous nous levons… La veille nous nous étions couchés vers minuit et je vous laisse imaginer l’état de fatigue à notre réveil, sans parler de la dirt qui augmente vraiment l’épuisement !

 

La station service ouvre à 8 heures et nous avons donc un peu plus d’une heure et demi à tuer. Nous allons à l’arrière du van où se trouve notre cuisine aménagée pour nous préparer un petit déjeuner copieux avant de reprendre la route. La première bonne surprise de la journée est l’état de l’arrière du van ! Nous constatons les dégâts de la route de la veille : le van est orange et pour ne rien gâcher, quand nous ouvrons la porte arrière, nous découvrons que tout à pris la poussière ! Johanna est de la revue pour une bonne heure de lavage avant de pouvoir entreprendre la préparation du petit déjeuner. Une fois le ventre plein, 8 heures du matin approchent et nous nous dirigeons donc vers la pompe à essence pour faire le plein. Et là, deuxième bonne surprise de la journée : le prix du litre est à 2,50 dollars ! Pour nous qui pensions faire des économies d’essence en prenant la Gibb River road : la guigne !

 

Eau Gibb river road
 
Comme il nous reste un peu plus de 300 km à parcourir pour sortir de cette route et vu la moyenne de la veille, nous décidons de nous remettre en route rapidement. En sortant du parking de la roadhousse nous retrouvons la dirt road mais encore pire que la veille : impossible d’avancer à plus de 15 km à l’heure car les gravillons ont fait place à des cailloux, des rochers et d’énormes sillons. Après 500 mètres, nous nous retrouvons nez à nez avec un nouveau gué mais cette fois ci il y a au plus profond un peu plus de 50 cm d’eau. Là, nous finissons par nous demander si nous ne nous sommes pas trompés de route. Nous repensons au panneau de la veille indiquant que la route est ouverte à tout type de véhicules et rebroussons chemin pour vérifier que nous n’avons pas loupé un embranchement à la Barnett Roadhousse. Et non, vérification faite que nous sommes bien sur la Gibb River road, nous n’avons pas d’autre alternative que de passer cette maudite rivière pour continuer notre voyage. Nous hésitons et étudions la route un bon quart d’heure, attendons de voir passer un premier 4×4 avant de décider de nous lancer. Johanna descend du Van pour tâter le terrain en avant et éventuellement me diriger un peu. Je fais une première tentative mais après trois mètres dans l’eau je sens qu’il y a beaucoup de sable et préfère plutôt reculer que risquer de coincer le van au milieu de la rivière. C’est là qu’un deuxième 4×4 s’apprête à traverser quand je l’arrête pour demander conseil. En discutant nous apprenons que d’autres passages de rivières, encore plus ardus, nous attendent ensuite.

 

Que faire ? Pas d’autre solution que de rebrousser chemin. A 180 km en direction de Derby existe une bifurcation permettant de rejoindre une réserve naturelle, puis la HighWay et ainsi de ne pas refaire complètement la route à l’envers.

 

point photo
 
Légèrement agacé (ceux qui me connaissent comprendrons : super énervé), nous nous élançons ! Cette fois nous roulons beaucoup plus vite, dix heures de route à contresens ne m’enthousiasmant pas vraiment. Ce que nous avions mis 8 heures à parcourir la veille, nous le faisons en deux heures et demi, pause et pose photos incluses (la veille de nuit nous avions loupé quelques vues intéressantes). Étonnement avec la vitesse nous sentons moins les vagues de la route, par contre je donnerais quelques frayeurs à Johanna car par moment le van chasse un peu. C’est donc à 70 km par heure que nous rejoignons la bifurcation !

 

Là encore une mauvaise surprise nous attend : la route est vraiment pourrie et nous savons qu’à moins de 20 km la route est bonne pour rallier Derby. Que faire ? Encaisser 100 km de dirt impraticable avec le risque de tomber nez à nez avec d’autres rivières infranchissables ou bien jouer la sécurité et perdre encore 300 km. Le choix est vite fait : nous repartons sur Derby et récupèrerons la HighWay !

 
 

Vers 15 heure 30 après avoir fait de l’essence à Derby, rechargés la glacière et offert une glace bien méritée à Lucas (hyper sage pendant les cessions de routes) nous repartons pour deux jours de voyage avant de rejoindre Kununurra. Nous constatons aussi que le van grince suite à ma conduite rodéo de la journée ! La Gibb River restera à jamais gravée dans nos mémoires !

 
 

PS1 : Après relecture de l’article à Lulu et Johanna je demande à Lucas si cela lui rappelle quelque chose, il nous répond : « Cela me rappelle l’Australie et la route pourrie ! »
 
PS2 : Une fois arrivés à Kununurra le lendemain après midi nous ferons 5 heures de ménage juste pour dépoussiérer les affaires et l’intérieur du Van.

 
 

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Julien passe d'une vie tranquille : métro, boulot, dodo à une vie d'aventures avec sa famille. Il se lance en 2013 dans la réalisation d'un tour du monde et crée le Blog de voyage : www.basketetsacados.com pour partager son périple avec les internautes et sa famille. Après 35 ans d'une vie passé en France, il découvre le monde et ses merveilles et vous invite à travers articles, photos et vidéos à le suivre. pour en savoir plus rendez vous ici...

  • Bah! une belle aventure et une petite leçon de voyage : ne jamais aller sur les routes en pointillés sans une bonne réserve d’essence et avec un 4X4!!!

  • Bonjour et bien en voilà un vrai trip!
    Attention à ce genre d' »inspiration » car l’Australie réserve bien des surprises comme tu en as fais ici l’expérience. Personne à la station service pour te prévenir?

  • Jolie expérience ! j’aime vous lire. Je n’ai pas encore visité l’Australie mais c’est au programme. et avec vos conseils, je suppose que j’éviterai quelques galères… Merci et encore. Quel véhicule conseillez-vous pour un couple sans enfants mais jeunes d’esprits (mais pas de corps) ?

    • Bonjour Solange, pour moi le top pour découvrir l’Australie en sortant totalement des routes balisées c’est un 4×4, on en trouve beaucoup à la vente, personnellement je pencherai pour le Van 4×4 comme le Delica de Mitsubishi mais il y a aussi plein de 4×4 plus traditionnel très bien équipés pour dormir. Pour vous faire une idée vous pouvez jeter un œil au site Gumtree sur lequel on trouve tout ce que l’on cherche en occasion.

  • Bonjour!
    Y a t-il une saison particulière où l’on peut visiter les réserves sans qu’il ne fasse pas trop trop chaud? Avec des enfants en bas-âge, j’aimerai éviter les risques de déshydratation. Merci!

    • Bonjour, il faut effectivement faire attention à la chaleur en Australie le thermomètre peut très vite grimper. Pour le climat il est différent fonction que vous soyez au nord ou au sud à l’est et à l’ouest. Il faut également éviter le chaud et humide qui donne beaucoup de moustiques notamment dans le nord. Globalement l’été c’est décembre à février au sud et mai à juillet au nord. Après il y a vraiment beaucoup de réserves et de parcs en tous genres en Australie quelque soit la région.

  • Au moins la voiture a tenu le coup! J’avais la même question en tête sur les meilleures moments pour y aller sinon est-ce qu’il est nécessaire de venir avec un guide dans certaines réserves?

    • Pour les guides, non ce n’est clairement pas nécessaire il y a des points infos partout en Australie et tout y est expliqué ou balisé même dans les coins les plus reculés (bien sûr il faut maitriser un minimum l’Anglais). Par contre pour aller dans certains territoires du nord, entre autre, il faut une autorisation aborigène (peut être que dans des coins comme cela il peut être judicieux d’être accompagné).
      Avant d’aller en Australie on ne se rend pas compte de ce qu’est un grand espace, c’est plus de 10 fois la France avec moins de 35 % de la population Française. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas focaliser sur les réserves car il y en a partout et surtout que ce pays réserve beaucoup d’autres surprises.

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